Site en veilleuse

Merci à tous pour le succès de la campagne 2011 de Libre de lire dans le cadre de la “Semaine de la liberté d'expression”.

Plus de cinquante personnes se sont affichées pour être libres de lire! Vous nous avez démontré votre intérêt pour ce "débat silencieux", une inquiétude devant la censure. Notre site web a aussi atteint plus de 3,000 visites durant la semaine, un succès important que nous espérons vous rendre. :)

Maintenant que la semaine est terminée et que les derniers participants se sont affichés, nous mettons le site web en veilleuse. Cependant si vous entendez parler d’un cas de censure, n’hésitez pas à nous contacter. De retour l’an prochain pour continuer à s’afficher contre la censure et être libre de lire!

De la part de l'équipe de Libre de lire, spécial “Semaine de la liberté d'expression” 2011.

  • Claude Ayerdi-Martin
  • Véronique Dupuis
  • Lionel Dujol
  • Patrick M. Lozeau
  • Marie D. Martel
  • Thierry Robert

J'ai besoin de personne et L'été des baleines

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La littérature jeunesse est un secteur de choix pour la censure. Destinée à de pauvres petites bêtes sans défense (et sans jugement selon certain, à voir les choix qu'on fait à leur place), les livres qu'on leur propose ne doivent surtout pas heurter NOTRE vision de l'enfance. Pas de baise (à la limite les jeunes peuvent y "faire l'amour" de manière tout à fait gauche et bien protégée, évidemment), pas de drogue et pas trop de violence. Après tout, qu'y a-t-il de plus calme et paisible qu'une école secondaire?
Les deux titres que je tiens ici en main ont été censurés. J'ai besoin de personne, ainsi que les autres titres de cette trilogie de Reynald Cantin ont été boycottés par la commission scolaire où l'auteur enseignait à Québec. Raison? Langage employé (un classique en censure), thème de l'inceste et mœurs sexuelles inadéquates. J'aime encore plus la raison invoquée par une école de Princeville pour fermer ses portes à Michèle Marineau, c'est que dans son livre L'été des baleines, elle "traite de la sexualité féminine dans un langage jugé non approprié" (Source: Dictionnaire de la censure au Québec, Hébert, Lever et Landry). Il ne faudrait surtout pas appeler une pomme, une pomme.
Je revendique donc le droit pour les jeunes de lire des ouvrages écrits avec les mots qu'ils emploient et non ceux qu'on juge qu'ils devraient utilisés. Et que les histoires qu'on leur met entre les mains parlent de leur réalité et non de celle dont on rêve pour eux.

Isabelle Jameson
Bibliothécaire jeunesse

Le Petit Chaperon rouge

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S’il existe une histoire que tous les enfants connaissent, il s’agit sûrement du Petit Chaperon rouge.

Grand classique, il n’a, à ma connaissance et d’après mes lectures, jamais été censuré. Ou alors s’il l’a été, il a été aussi mille fois édité, réinventé, adapté et traduit partout à travers le monde.

Cependant, à chaque fois que je lis ce conte devant des enfants et/ou des adultes, je me demande si un tel texte, s’il était proposé pour la toute première fois aujourd’hui, trouverait preneur chez un éditeur de livres pour enfants. Souvenez-vous…

« - Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. Le Petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit... »

Et :

« - Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents!

- C’est pour te manger.

Et, en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et la mangea. »

Moralité […]

FIN.

(Oui oui… fin! Vous vous demandez peut-être où est le chasseur? Inexistant dans la version de Perrault qui paraît en 1697, il sera introduit par les frères Grimm en 1812.)

Et on ne parlera pas ici du fait que ce conte met en scène une fillette qui désobéit à sa mère et qui, en plus, répond aux questions d’un inconnu. Oh!  

C’est donc aux prescripteurs d’aujourd’hui que je m’adresse, bibliothécaires, éducateurs, enseignants, parfois frileux des histoires abordant des thèmes délicats ou perplexes devant des récits à fins ouvertes (et je m’inclus parmi eux). Aucun d’entre nous n’hésiterait à acquérir Le Petit Chaperon rouge. Pourtant, des œuvres originales et de grande qualité passeront à la trappe parce qu’elles présentent des scènes de violence ou à caractère sexuel. Est-ce par souci de protection de l’enfance que l’on choisi volontairement de ne pas sélectionner certains titres plus tendancieux – ou est-ce parce que nous nous sentirions incapables de répondre aux interrogations plus existentielles que ces livres susciteraient? Selon quels critères fait-on nos choix? Il serait à mon avis intéressant de se demander, tous autant que nous sommes, quelles sont les valeurs qui nous guident et à quel point nos jugements moraux influencent nos critères de sélection. La ligne est mince entre le geste de sélectionner et l’acte de censure.

Pascale Grenier
Bibliothécaire

Cuba Libre : Vivre et écrire à La Havane

Cubalibre

Dans un pays où José Martí est glorifié comme un héros pendant que la liberté d’expression des citoyens est bafouée. Moi, le simple touriste, je suis libre de lire Cuba Libre : Vivre et écrire à La Havane, un recueil des billets du blogue Generación Y de Yoani Sánchez.

Cette blogueuse a le courage d’écrire son point de vue sur la vie à Cuba et de critiquer ouvertement le gouvernement en place.

Cependant, le privilège d'accéder au site, car l'accès à Internet est un luxe que peu de gens peuvent se payer, a été retiré aux Cubains quand les autorités castristes ont décidé de bloquer l’accès à l’intérieur de l'île.

Patrick M. Lozeau

Alice au pays des merveilles

Heather

Alice au pays des merveilles, de Charles Lutwidge Dodgson (écrivant sous le pseudonym Lewis Carroll).   Publié en 1865, ce livre a été bani en Chine en 1931, "parce que les animaux ne devraient pas parler comme des humains et d'ailleurs, c'est désastreux de mettre des animaux au même niveau que des humains" (librement traduit d'un article paru dans la revue Teacher Librarian en 1999).

J'ai relu ce livre l'an passé dans le cadre de mon club de lecture mère-fille, en même moment que le film de Tim Burton.  En fait, malgré les efforts de Disney de nous convaincre autrement, ce n'est vraiment pas un livre d'enfant ! En plus, pour les mathématiciens, il vaut la peine de le relire car il déborde d'allusions aux concepts mathématiques (voir http://www.nytimes.com/2010/03/07/opinion/07bayley.html).

Heather Brydon



Sur la route

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Sur la route : le rouleau original par Jack Kerouac  traduit par Josée Kamoun pour l’édition française chez Gallimard

En 1994 à 17 ans je me suis lancée avec délectation sur la route au coté de Jack Kerouac sans avoir cherché à savoir que ce texte phare de la Beat generation s’était vu amputé, tronqué, par l’éditeur craignant  le scandale dans cette Amérique puritaine des années 50.  

En 2011 à 34 ans je reprends la route avec encore plus de ferveur, impatiente de retrouver le texte originel.

Nadine Bisel

1984

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Le livre « 1984 » de George Orwell a déjà été posté sur LibreDeLire mais il s'agit d'un roman qui brasse, dérange et change nos perceptions.

Big Brother, les régimes totalitaires, la liberté d'expression. Voilà les grandes lignes de ce bouquin qui me fait encore réfléchir aujourd'hui. À l'ère d'Internet et des médias sociaux, sommes-nous vraiment indépendants de nos jours? Sommes-nous conscients des enjeux de notre autonomie et de notre soumission face au gouvernement?


À lire, et à relire pour toujours garder en mémoire qu'il existe une fine limite entre nos libertés et les abus du pouvoir.


James W. Pack

http://jwpack.over-blog.com/

Ben Laden dévoilé

Lila


Philippe Bercovici et Mohamed Sifaoui, appuyés d'une solide recherche, dénoncent et instruisent avec beaucoup d'humour, l'islamisme politique.

En 2016, Ben Laden est enfin arrêté, il est aux mains de deux agents de la CIA et il raconte...
C'est une Bande dessiné qui est censuré dans une majorité de pays arabes, perses...On comprend pourquoi en la lisant, les gouvernements de ces pays la censure!

Lila

The Handmaid's Tale

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Auteure: Margaret Atwood
Titre: The Handmaid's Tale

Par ce site, j'ai appris qu'un de mes romans préférés faisait l'objet de contestations dans certaines écoles à cause de "son langage profane, ses allusions anti-chrétiennes, ses descriptions de violence et de dégradation sexuelle".

L'action se déroule dans la République de Gilead (anciennement les États-Unis). Offred n'a plus de nom propre; son nom signifie en fait son appartenance à un homme (of Fred). Elle a le droit de sortir de la maison une fois par jour pour aller au marché, où des images ont remplacé les noms des aliments, car les femmes n'ont plus le droit de lire. Et une fois par mois, elle doit se soumettre à son homme, en souhaitant devenir enceinte, car elle n'a de valeur que si ses ovaires sont viables...

J'ai lu ce livre dans un cours de littérature au Cégep (alors que j'étais majeure et vaccinée). Dans une entrevue reproduite à la fin du roman, Mme Atwood explique son raisonnement derrière l'idée créatrice de ce roman: elle a tout simplement repris différentes attitudes entretenues à l'égard des femmes (la place des femmes est dans la cuisine, les femmes n'ont de valeur que si elles ont des enfants, etc...) et les a porté à leurs conclusions logiques, histoire d'imaginer quel genre de société de telles attitudes pourraient créer.

À le lire, je me suis souvent dit que, malgré une part de vérité, de tels extrêmes ne pouvaient être possibles. Mais à voir certaines législations proposées au sud de la frontière, qui auraient comme effet de restreindre l'accès des femmes à des soins de santé de base, je me dis que parfois on s'approche de cette République de Gilead...

Oeuvres multiples

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La direction associée - Bibliothèques, Bibliothèques publiques de Montréal totalement solidaire du mouvement sur l'importance d'être libre de lire.

Dans l'ordre de gauche à droite :

Jean-Claude Carrière et Umberto Éco : N'espérez pas vous débarasser des livres (Aude Lecointe)

Jaroslav Hasek : Le brave soldat Chvéïk (Michel Claveau)

Louis-Antoine Dessaules :Petit bréviaire des vices de notre clergé (Denis Vézina)

Benoite Groult : Ainsi soit-elle (Louise Guillemette-Labory)

Reiser : Les copines (Ivan Filion)

Le mariage de Suzon (Ivan Filion)

Mon corps meurtri pour Marie-Médiatrice (Ivan Filion)

Baudelaire : Les fleurs du mal et Les paradis artificiels (Louise Lapointe)

Jacques Prévert: Paroles (Louise Lapointe)

Jacques Prévert : Paroles (Richard Adam)

 

 Luc Jodoin (photographe) : son livre, blanc, tenu par Aude Lecointe : explication ici